Citoyens, prenez vos responsabilités
Et si, en ces temps de crashes boursiers, de gouvernement foutraque et de froid qui revient, on parlait autrement d'avenir ? La vigilance citoyenne et la médiatisation des petites mesquineries et grandes escroqueries de la clique nabot-leonienne sont indispensables (voire l'aventure du fichier Edvige, partiellement remanié grâce à une campagne soutenue sur le net et dans les médias pendant plusieurs mois). Il ya cependant une autre actualité, plus heureuse, plus prometteuse.
Prenons le sujet du piratage de la musique sur Internet. En creusant un peu, on comprend que la possibilité d'obtenir gratuitement ce qui est payant sans risque de se faire prendre, c'est-à-dire de voler en toute impunité, est le symptôme d'une société dont les valeurs ont été emportées depuis des dizaines d'années dans le grand courant de la société de consommation et les aberrations qu'elle a produit. En raccourci, l'avoir est devenu le but de la vie, au détriment du savoir. Posséder plutôt que connaître, acheter plutôt que réfléchir. La grand intoxication de la publicité et la révolution technologique permanente se sont associées pour le pire. Bien sûr, les bas instincts de l'humanité n'ont pas attendu Internet pour s'exprimer, mais les outils à la disposition de chacun ont autant permis la mondialisation de l'économie que celles du crime, des magouilles et de la manipulation de tout un chacun. Pour en revenir au piratage, celui qui se déplace dans un magasin pour acheter un CD ou aller voir un film au cinéma passe pour un ringard : pourquoi sortir de chez soi et aller dépenser de l'argent alors que d'un clic, on peut tout obtenir sans bourse délier ? Les arguments de ces nouveaux voleurs sont toujours les mêmes : les produits sont trop chers, les producteurs sont eux mêmes des bandits, tout le monde fait la même chose, le pouvoir d'achat est en berne, le gouvernement vole les pauvres pour donner aux riches... Les voitures de luxe sont trop chères pour monsieur tout le monde : lui viendrait-il à l'idée d'aller braquer un concessionnaire au milieu de la nuit ? Le pouvoir d'achat est en baisse : est-ce une raison pour sortir de la boulangerie sans payer sa baguette ? Dans ces deux cas, ce qui retient monsieur tout le monde, c'est le risque de se faire prendre par les pandores moustachus de la maréchaussée ou les magiciens du plumeau de la police scientifique. Sur internet, le risque est négigeable, alors à quoi bon se priver ?
Toute la Société est dans ces clics malhonnêtes : individualisme, envie, besoin de posséder, absence de quelques notions fondamentales telles que le respect, la responsabilité, le travail... valeurs ringardes à l'heure du tout bling bling. La notion de responsabilité est sans doute la plus importante. Qui aujourd'hui se soucie des conséquences de ses actes quotidiens, des plus futiles aux plus lâches ? Qui prend le temps de se poser, de réfléchir un peu plus loin que le bout de sa porte fermée à double tour ? Alléché par le miel qui dégouline des lèvres de mon jeune banquier encostumé tout frais émoulu d'une école de commerce, je place mes petites économies dans un PEA (Plan d'Epargne en Actions). Je deviens un boursicoteur, un petit capitaliste à mon échelle. Pour que mon argent rapporte, il faut que mes actions montent, c'est-à-dire que l'entreprise donc je détiens quelques miettes vise un objectif de rentabilité maximale, qui se fait au détriment de la politique sociale et sur le dos des petits employés. Finalement, pour faire gagner quelques dizaines d'euros à mon plan d'épargne, je scie les branches sur lesquelles sont assis mes voisins, mes proches... formidable, non ? Le capitalisme "triomphant" est parvenu à son but ultime en se mondialisant : déconstruire les sociétés en les divisant en autant d'individualités centrées sur leur propre d'intérêt qu'il y a d'individus. Ce capitalisme a atteint son sommet. Logiquement, il ne peut donc que décliner.
De fait, il est temps de remettre le citoyen au coeur de la vie de la cité. Des initiatives se multiplient dans de nombreux domaines pour relancer la prise en compte des individualités dans une collectivité qui se prend en main. En voici deux exemples. Le second reviendra sur le propos initial de cet article : le piratage culturel.
Le premier exemple est la création des AMAP : Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne. L'idée est simple autant qu'évidente. A l'heure de la mondialisation généralisée où il est normal de trouver des fraises du Chili sur les marchés français en plein mois de décembre, des voix s'élèvent contre l'absurdité de transporter des produits fragiles, standardisés, industrialisés et dénaturés d'un bout à l'autre de la planète, ce qui, au passage, fait un grand mal à la planète et au climat. Les AMAP sont des regroupements de consommateurs qui établissent un partenariat avec un agriculteur local. Les consommateurs s'engagent à acheter à l'avance sa production à l'agriculteur. Celui-ci a donc un revenu assuré et, en retour, s'engage à proposer des produits variés et de qualité. (souvent bio) Les consommateurs redécouvrent le rythme des saisons et s'assurent une consommation de produits locaux, et l'agriculteur pérennise son exploitation. La biodiversité est assurée, les citadins (re)prennent conscience de l'existence du monde agricole. Connaître la personne qui vous fournit votre pain quotidien, connaître les personnes qui vont consommer ce que vous produisez, voici une idée aussi généreuse qu'utile et moderne !
Le deuxième exemple est plus commercial, mais il n'est pas dénué d'intérêt. Cela se passe sur le net. Le site mymajorcompany.com propose à des particuliers d'investir de l'argent pour produire le disque d'un jeune artiste. Comment cela fonctionne-t-il ? On feuillette le catalogue des artistes candidats (préalablement sélectionnés), on écoute quelques chansons, on regarde une ou deux vidéos de présentation, et quand on trouve la perle rare, on décide d'acheter des parts de son futur album. Une part coûte dix euros, on peut acheter un maximum de cent parts par artiste, soit mille euros tout de même... Lorsque le compteur a atteint soixante dix mille euros, le disque est produit et un clip est réalisé. L'intérêt pour les "producteurs" est qu'ils se répartiront trente pour cent des recettes des ventes du disque.
Là encore, j'aime l'idée d'un processus qui court-circuite les grandes sociétés (les fameuses "majors") qui n'ont pour seul souci la rentabilité à court terme et qui, loin de promouvoir des artistes, ne gèrent que des produits. Et si je mise de l'argent sur un artiste, je n'aurai certainement pas envie qu'il se fasse pirater, car en tant que producteur, je serai floué à chaque téléchargement illégal. Quelle meilleure façon de prendre conscience du respect des intérêts de chacun ?
Six artistes ont à ce jour atteint la barre des soixante dix mille euros. Mon préféré s'appelle Fabien Duclerc. A l'heure où j'écris cet article, son compteur est à 11 980 euros. N'hésitez pas à partir à se découverte et à écouter ses chansons en cliquant sur l'image ci-dessous. Et si vous êtes séduit(e), devenez son producteur !
Prenons le sujet du piratage de la musique sur Internet. En creusant un peu, on comprend que la possibilité d'obtenir gratuitement ce qui est payant sans risque de se faire prendre, c'est-à-dire de voler en toute impunité, est le symptôme d'une société dont les valeurs ont été emportées depuis des dizaines d'années dans le grand courant de la société de consommation et les aberrations qu'elle a produit. En raccourci, l'avoir est devenu le but de la vie, au détriment du savoir. Posséder plutôt que connaître, acheter plutôt que réfléchir. La grand intoxication de la publicité et la révolution technologique permanente se sont associées pour le pire. Bien sûr, les bas instincts de l'humanité n'ont pas attendu Internet pour s'exprimer, mais les outils à la disposition de chacun ont autant permis la mondialisation de l'économie que celles du crime, des magouilles et de la manipulation de tout un chacun. Pour en revenir au piratage, celui qui se déplace dans un magasin pour acheter un CD ou aller voir un film au cinéma passe pour un ringard : pourquoi sortir de chez soi et aller dépenser de l'argent alors que d'un clic, on peut tout obtenir sans bourse délier ? Les arguments de ces nouveaux voleurs sont toujours les mêmes : les produits sont trop chers, les producteurs sont eux mêmes des bandits, tout le monde fait la même chose, le pouvoir d'achat est en berne, le gouvernement vole les pauvres pour donner aux riches... Les voitures de luxe sont trop chères pour monsieur tout le monde : lui viendrait-il à l'idée d'aller braquer un concessionnaire au milieu de la nuit ? Le pouvoir d'achat est en baisse : est-ce une raison pour sortir de la boulangerie sans payer sa baguette ? Dans ces deux cas, ce qui retient monsieur tout le monde, c'est le risque de se faire prendre par les pandores moustachus de la maréchaussée ou les magiciens du plumeau de la police scientifique. Sur internet, le risque est négigeable, alors à quoi bon se priver ?
Toute la Société est dans ces clics malhonnêtes : individualisme, envie, besoin de posséder, absence de quelques notions fondamentales telles que le respect, la responsabilité, le travail... valeurs ringardes à l'heure du tout bling bling. La notion de responsabilité est sans doute la plus importante. Qui aujourd'hui se soucie des conséquences de ses actes quotidiens, des plus futiles aux plus lâches ? Qui prend le temps de se poser, de réfléchir un peu plus loin que le bout de sa porte fermée à double tour ? Alléché par le miel qui dégouline des lèvres de mon jeune banquier encostumé tout frais émoulu d'une école de commerce, je place mes petites économies dans un PEA (Plan d'Epargne en Actions). Je deviens un boursicoteur, un petit capitaliste à mon échelle. Pour que mon argent rapporte, il faut que mes actions montent, c'est-à-dire que l'entreprise donc je détiens quelques miettes vise un objectif de rentabilité maximale, qui se fait au détriment de la politique sociale et sur le dos des petits employés. Finalement, pour faire gagner quelques dizaines d'euros à mon plan d'épargne, je scie les branches sur lesquelles sont assis mes voisins, mes proches... formidable, non ? Le capitalisme "triomphant" est parvenu à son but ultime en se mondialisant : déconstruire les sociétés en les divisant en autant d'individualités centrées sur leur propre d'intérêt qu'il y a d'individus. Ce capitalisme a atteint son sommet. Logiquement, il ne peut donc que décliner.
De fait, il est temps de remettre le citoyen au coeur de la vie de la cité. Des initiatives se multiplient dans de nombreux domaines pour relancer la prise en compte des individualités dans une collectivité qui se prend en main. En voici deux exemples. Le second reviendra sur le propos initial de cet article : le piratage culturel.
Le premier exemple est la création des AMAP : Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne. L'idée est simple autant qu'évidente. A l'heure de la mondialisation généralisée où il est normal de trouver des fraises du Chili sur les marchés français en plein mois de décembre, des voix s'élèvent contre l'absurdité de transporter des produits fragiles, standardisés, industrialisés et dénaturés d'un bout à l'autre de la planète, ce qui, au passage, fait un grand mal à la planète et au climat. Les AMAP sont des regroupements de consommateurs qui établissent un partenariat avec un agriculteur local. Les consommateurs s'engagent à acheter à l'avance sa production à l'agriculteur. Celui-ci a donc un revenu assuré et, en retour, s'engage à proposer des produits variés et de qualité. (souvent bio) Les consommateurs redécouvrent le rythme des saisons et s'assurent une consommation de produits locaux, et l'agriculteur pérennise son exploitation. La biodiversité est assurée, les citadins (re)prennent conscience de l'existence du monde agricole. Connaître la personne qui vous fournit votre pain quotidien, connaître les personnes qui vont consommer ce que vous produisez, voici une idée aussi généreuse qu'utile et moderne !
Le deuxième exemple est plus commercial, mais il n'est pas dénué d'intérêt. Cela se passe sur le net. Le site mymajorcompany.com propose à des particuliers d'investir de l'argent pour produire le disque d'un jeune artiste. Comment cela fonctionne-t-il ? On feuillette le catalogue des artistes candidats (préalablement sélectionnés), on écoute quelques chansons, on regarde une ou deux vidéos de présentation, et quand on trouve la perle rare, on décide d'acheter des parts de son futur album. Une part coûte dix euros, on peut acheter un maximum de cent parts par artiste, soit mille euros tout de même... Lorsque le compteur a atteint soixante dix mille euros, le disque est produit et un clip est réalisé. L'intérêt pour les "producteurs" est qu'ils se répartiront trente pour cent des recettes des ventes du disque.
Là encore, j'aime l'idée d'un processus qui court-circuite les grandes sociétés (les fameuses "majors") qui n'ont pour seul souci la rentabilité à court terme et qui, loin de promouvoir des artistes, ne gèrent que des produits. Et si je mise de l'argent sur un artiste, je n'aurai certainement pas envie qu'il se fasse pirater, car en tant que producteur, je serai floué à chaque téléchargement illégal. Quelle meilleure façon de prendre conscience du respect des intérêts de chacun ?
Six artistes ont à ce jour atteint la barre des soixante dix mille euros. Mon préféré s'appelle Fabien Duclerc. A l'heure où j'écris cet article, son compteur est à 11 980 euros. N'hésitez pas à partir à se découverte et à écouter ses chansons en cliquant sur l'image ci-dessous. Et si vous êtes séduit(e), devenez son producteur !

En bonus, voici une vidéo de publicité pour Mymajorcompany. On y découvre un (vrai) chanteur malmené par un producteur professionnel... Et si vous vous demandez pourquoi ce chanteur, si discret habituellement, a accepté de faire cette pub, c'est parce qu'à l'origine de Mymajorcompany, on trouve... son fils !
Publicité